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©le-RARE

1 - frac-bourgogne - Dijon (21) France
Matthew Buckingham
Play the Story
exposition monographique organisée
16.02. > 17.05.08

Le Frac Bourgogne accueille la première exposition monographique en France de l’artiste américain Matthew Buckingham (né en 1963 à Nevada, Iowa, US). Ses films, projections diapositives, photographies mettent en scène divers personnages historiques réels ou fictifs : homme politique, esclave affranchi, professeur d’art dramatique, lexicographe, inventeur de caméra, philosophe… L’artiste les choisit pour ce que leur vécu révèle des questions qui traversent le monde contemporain.
Pour cette exposition, intitulée Play the Story, il présente trois installations vidéo réalisées en 2007. Elles revisitent le parcours de deux femmes importantes dans l’histoire du féminisme mais aussi un épisode marquant de l’histoire du cinéma. Véritable historiographe, Matthew Buckingham invite à éprouver l’histoire et ses modes de construction mais aussi à ressentir sa proximité avec le présent.

« Le passé n’est jamais mort, il n’est même pas passé » écrivait William Faulkner. Cette citation maintes fois reprise à propos de l’œuvre de Matthew Buckingham situe parfaitement ce qu’il a entrepris depuis le milieu des années quatre-vingt dix : questionner la relation que nous entretenons à l’histoire. Surpris par la compréhension que nous en avons, mais aussi par la valeur d’objectivité que nous lui accordons, l’artiste réinterprète les faits historiques pour mieux interroger la signification des documents et des images mais aussi les inscrire selon différentes perspectives.
Chaque œuvre est, pour lui, le point de départ d’une véritable enquête historique. Il cherche les sources anciennes autant que la manière dont les publications ont rendu compte de l’événement au cours de l’histoire. Une découverte fortuite comme celle de films des années 20 sur un trottoir de Manhattan, la fondation de la ville de Copenhague dans laquelle il est amené à travailler, un mythe tel que la vallée de l’Hudson aux Etats-Unis, les conditions d’écriture du premier dictionnaire d’anglais, sont autant de situations qui lui permettent de révéler les pratiques sociales de l’image, l’origine des lieux et des noms, la formalisation du langage. Autant de situations qui conservent une extrême actualité. Si le travail de Matthew Buckingham est nourri d’un ancrage théorique important, il lui importe de concevoir des installations dont la portée s’appuie sur l’expérience du texte tout autant que de l’image et de l’espace. Compréhension, représentation et expérience physique sont travaillées de manière à donner corps aux pensées et événements.
Trois installations réalisées en 2007 sont regroupées dans cette exposition : The Spirit and the Letter (L’esprit et la lettre) met en scène les écrits de la nouvelliste, essayiste et féministe Mary Wollstonecraft (1759 -1797). Everything I Need (Tout ce qu’il me faut) imagine les pensées de Charlotte Wolff (1897-1986), précurseur des théories sur le genre et l’homosexualité, lors de son vol de retour de Berlin en 1978, après trente-cinq ans d’exil. False Future (Faux futur) renoue avec les premières images cinématographiques tournées par Louis Le Prince (1841-1890), inventeur français d’une caméra, ayant mystérieusement disparu dans un train entre Dijon et Paris. Dans ces trois installations l’artiste se sert du principe d’identification du spectateur lié aux différents dispositifs de l’image pour donner une actualité plus forte à chacune de ces situations.
Dans The Spirit and the Letter, le fantôme de Mary Wollstonecraft marche au plafond. La même pièce est évoquée pour le spectateur par un lustre et un miroir inversés, qui retournent l’espace dans lequel il se trouve. En voix off, une femme énonce certaines pensées sur la condition féminine. Il s’agit d’un montage fait par l’artiste de différents textes de l’écrivain. L’œuvre se construit dans des va-et-vient entre présent et passé, comme si cette femme portait un regard sur le passé depuis aujourd’hui mais révélant tout autant l’actualité de ses observations de l’époque.
Pour Everything I Need, Matthew Buckingham s’est intéressé à Charlotte Wolff, une femme médecin allemande qui fréquentait le milieu lesbien à Berlin, qui a fui les nazis en 1933 et s’est installée à Londres. Elle est revenue à Berlin en 1978 à l’invitation d’un groupe féministe. Matthew Buckingham a imaginé quelles pouvaient être ses pensées lors de son retour à Londres après avoir revu Berlin. Il s’est pour cela appuyé sur la biographie qu’elle a rédigée par la suite. Le film montre l’intérieur d’un avion de ligne des années soixante-dix. La narratrice se remémore de nombreux souvenirs et l’installation évoque tout à la fois la mémoire privée et la mémoire collective autour des questions sur le genre.
False Future renvoie à l’origine du cinéma. Après de nombreuses recherches sur la photographie en mouvement, Louis Le Prince parvint à mettre au point une caméra qu’il utilisa en octobre 1888 pour filmer la circulation des tramways, calèches et piétons sur le pont de Leeds. Ces images furent projetées sur un écran à Leeds, probablement la première projection publique cinématographique. Louis Le Prince a pourtant été pratiquement oublié de l’histoire du cinéma, évincé par la postérité des Frères Lumière ou de Thomas Edison. Ses travaux n’ont en effet pu se poursuivre car il a disparu dans d’étranges conditions. Il s’est rendu à Dijon, où vivait son frère architecte mais sa trace s’est effacée dans le train qui le ramenait à Paris. Restés sans nouvelles, des amis alertèrent Scotland Yard et la Sûreté. Son frère confirma qu’il était bien monté dans le train en partance pour Paris. Une enquête minutieuse n'apporta cependant aucun résultat. Louis Le Prince a disparu comme s'il n'avait jamais existé. On n'a jamais su comment ni pourquoi.
Ces trois œuvres témoignent de la démarche de Matthew Buckingham qui emprunte aussi bien à l’historien, à l’archiviste, à l’anthropologue qu’au détective. Dans ses installations, l’artiste privilégie la manière dont le spectateur négocie entre plusieurs sources et documents. Il est intéressé par le caractère imprévisible de la rencontre entre l’œuvre et le spectateur, laissant à ce dernier beaucoup d’autonomie, contrairement à la transmission d’un sens plus unifié. Chaque projet semble comparable à l’état du début de ses propres recherches, quand les éléments arrivent de manière dispersée, sans cohérence immédiate. En convoquant l’historiographie dans l’espace d’exposition, Matthew Buckingham reconnaît à la forme de l’exposition une capacité à aiguiser les perceptions du spectateur. "Chercher les interdépendances, analyser les problèmes contemporains en tenant compte de leurs relations complexes, voilà peut-être un moyen d’éviter le cynisme ou la naïveté." ["Conversation entre Matthew Buckingham et Mark Godfrey : New York et Londres, février 2007", in Matthew Buckingham Play the Story, Camden Arts Centre, (Londres – GB), Frac Bourgogne, (Dijon – France), Dundee Contemporary Arts (Dundee, Écosse - GB), Des Moines Art Centre (Des Moines - USA), Henry Art Gallery (Seattle - USA), 2007, vol.1, p.45].
Claire Legrand, responsable du service des publics.
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ENGLISH
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The FRAC Bourgogne — Burgundy Regional Contemporary Art Collection — is hosting the first solo show in France of the work of the American artist Matthew Buckingham (born in 1963 in Nevada, Iowa, USA). His films, slide shows, and photographs all present various historical figures, real and make-believe alike: a politician, a freed slave, a drama coach, a lexicographer, a camera inventor, a philosopher, and the like. The artist chooses such figures for what their life experience reveals about issues running through the contemporary world.
For this exhibition, titled Play the Story, he is presenting three video installations produced in 2007. They revisit the route taken by two women of importance in the feminist movement, as well as an influential episode of film history. As a fully-fledged historiographer, no less, Matthew Buckingham invites viewers to experience history and its constructive methods, as well as feel its closeness to the present.

“The past is never dead, it hasn’t even past", wrote William Faulkner. This oft-repeated quotation, much used with regard to Matthew Buckingham’s work, perfectly situates what he has been involved with since the mid-1990s: challenging the connection we have with history. Surprised by our understanding of history, as well as by the objectivity value we grant it, the artist re-interprets historical facts, the better to question the meaning of documents and images, and incorporate them on the basis of different viewpoints.
For Buckingham, each work is the springboard for nothing less than an historical investigation. He seeks out ancient sources as well as the way in which publications have reported the event in the course of history. A haphazard discovery like that of some 1920s’ movies on a Manhattan sidewalk, the foundation of the city of Copenhagen in which he is prompted to work, a myth like the Hudson Valley in the United States, and the conditions under which the first English dictionary was compiled are all situations which help him to reveal the social practices of imagery, the origins of places and names, and the formalization of language. All of the above being situations which retain an extreme topicality. Matthew Buckingham’s work may be fuelled by an important theoretical basis, but it matters to him to come up with installations whose scope is based on textual experience as much as imagery and space. Understanding, representation, and physical experience are all worked in such a way as to lend substance to thoughts and events.
Three installations made in 2007 are brought together in this show: The Spirit and the Letter presents the writings of the novella writer, essayist and feminist Mary Wollstonecraft (1759-1797); Everything I Need imagines the thoughts of Charlotte Wolff (1897-1986), forerunner of gender theories and theories about homosexuality, during her flight back to Berlin in 1978, after 35 years of exile in England; and False Future links back up with the early cinematographic images shot by Louis Le Prince (1841-1890), French inventor of the camera, who mysteriously disappeared in a train between Dijon and Paris. In these three installations the artist makes use of the principle of spectator identification associated with different image arrangements, aimed at giving to each one of these situations a stronger actuality.
In The Spirit and the Letter, the ghost of Mary Wollstonecraft walks on the ceiling. The same room is conjured up for the viewer by a chandelier and a mirror, both the wrong way round, which reverse the space where the viewer finds himself. As a voice over, a woman lists certain thoughts about the feminine condition. This is a montage made by the artist involving the author’s various writings. The work is made up of to-ings and fro-ings between present and past, as if this woman were casting an eye over the past from today, but revealing just as much the topicality of her prior observations.
For Everything I Need, Matthew Buckingham’s interest is focused on Charlotte Wolff, a German doctor who was part of the 1920s’ Lesbian scene in Berlin, but fled from the Nazis in 1933, and settled in London. She returned to Berlin in 1978 at the invitation of a feminist group. Matthew Buckingham has imagined what her thoughts might have been when she returned to London, after seeing Berlin again after so many years. To this end, he based his research on the autobiography which she subsequently wrote. The film shows the inside of a 1970s’ aircraft. The female narrator recollects many memories, and the installation evokes both private memory and collective memory, gravitating around gender issues.
False Future refers to the origins of cinema. After much research into moving photography, Louis Le Prince managed to develop a camera which he used in October 1888 to film trams, carriages and pedestrians all moving across the bridge in Leeds. These images were projected onto a screen set up in Leeds - probably the first ever public film screening. But Louis Le Prince has been more or less omitted from film history, ousted by the posterity conferred upon the Frères Lumière and Thomas Edison. There was actually no follow-up to his work, however, because he vanished in strange circumstances. He went to Dijon, where his brother, an architect, lived, but all sign of him was then lost in the train taking him back to Paris. Left in the lurch, his friends alerted Scotland Yard and the French equivalent, known as La Sureté. His brother confirmed that he had definitely boarded the Paris-bound train. A painstaking investigation yielded nothing. Louis Le Prince vanished as if he had never existed. Nobody has ever known how or why.
These three works well illustrate Matthew Buckingham’s approach and method, which also borrows from the historian, the archivist, the anthropologist and the detective. In his installations, the artist gives preference to the way the viewer negotiates between several sources and documents. He is interested by the encounter between work and viewer, leaving the latter a great deal of autonomy, running counter to the conveyance of a more unified sense. Each project seems comparable to the state of the beginning of his own research, when things crop up in a dispersed way, without any immediate coherence. By summoning up historiography within the exhibition venue, Matthew Buckingham recognizes in the exhibition’s form a capacity for honing the onlooker’s perceptions. ”Looking for forms of interdependence, analyzing contemporary problems by nearing their complex relationships in mind, this is perhaps a way of sidestepping cynicism and naivety.” [Conversation between Matthew Buckingham and Mark Godfrey: New York and London, February 2007”, in Matthew Buckingham Play the Story, Camden Arts Centre, (Londres – GB), Frac Bourgogne, (Dijon – France), Dundee Contemporary Arts (Dundee, Écosse - GB), Des Moines Art Centre (Des Moines - USA), Henry Art Gallery (Seattle - USA), 2007, vol.1, p.45].
Claire Legrand, manager of visitor's departement
Translated by Simon Pleasance
Information :
Frac Bourgogne
49 rue de Longvic, 21000 Dijon (France)
phone +33 (0)3 80 67 18 18
fax +33 (0)3 80 66 33 29
@
www.frac-bourgogne.org

Matthew Buckingham
Everything I Need,
2007,
video still
©photo D.R.
frac-bourgogne - Dijon (21) France

2 - CAMàYEUX – Marseille (13) France
Xavier Vanlaere
Entre deux
Photographies
Exposition / Exhibition : 10.03.08 > 30.04.08
Vernissage / Private view : 20.03.08 — 18h30 / 6.30 pm

Né dans une famille de commerçants artisans, photographes, Xavier Vanlaere évolue dès son plus jeune âge entre le matériel photographique, le studio, les effluves et l’obscurité rougeâtre du labo. Il s’écarte toutefois de ce contexte familial pour tenter diverses formations et pratiques professionnelles.
Aujourd’hui, coordinateur de projets socioculturels, il tente d’importer la discipline photographique dans le champ social, considérant l’image comme un moyen d’expression privilégié, efficace et pertinent dans le cadre d’une action de prévention et/ou de réinsertion. Il continue toutefois à mener des travaux photographiques individuels, personnels ou répondant à des commandes.
Son arrivée à Marseille en 2002 est déterminante ; s’enclenche alors un travail photographique qui s’inscrit dans la constance et la durée.
Xavier Vanlaere est attiré par la découverte d’endroits nouveaux, qui ne lui sont pas familiers. Il déambule de manière intuitive entre différents lieux : la présence humaine, évidente, y évoque cependant une certaine solitude ou mélancolie, une autre réalité... Il découvre plus tard que la plupart des lieux qu’il photographie sont voués à la destruction.
Dans l’exposition Entre deux, Xavier Vanlaere nous montre principalement des lieux de vie voués à disparaître. Au-delà d’un travail de mémorisation, sa recherche s’articule autour de l’intemporalité et de la densité de l’instant. Ce moment précis, transitoire, où la présence du passé est encore palpable, et la rupture à venir imminente.
En mars 2005, Martine Montégrandi, présidente et directrice artistique de CAMàYEUX Marseille, le détecte, croit en son talent et à ses images, et propose de l’accompagner.
CAMàYEUX Marseille se positionne ainsi en tant qu’agent auprès de Xavier Vanlaere.
Ses images sont intemporelles, mystérieuses et parfois inquiétantes ; la mélancolie y est palpable. Xavier Vanlaere sublime le lieu et l’instant. Une densité et un aspect brut habitent son sujet de prédilection : les lieux en voie de disparition.
Information :
CAMàYEUX Marseille
Galerie, diffuseur et agence de photographie
Bâtiment 20, les Tilleuls
55 avenue de Valdonne
13013 Marseille (France)
@
Tel : +33 (0)8 71 35 24 69
Fax : +33 (0)4 91 61 19
www.camayeuxmarseille.com


Xavier Vanlaere
Entre deux
©photo D.R.
CAMàYEUX – Marseille (13) France

3 - Fondation pour l’art contemporain Salomon - Alex (74) France
L’ivresse de l’absolu
Exposition / Exhibition : 08.03 > 08.06.08
Artistes présentées : Pierrette Bloch, Hanne Darboven, Pierre Ferrarini, Wolfgang Laib, Roman Opalka, Niele Toroni, Claude Viallat

L’exposition L’ivresse de l’absolu rassemble les œuvres de sept artistes contemporains qui ont inscrits, au cœur de leur pratique créatrice, une méthode, un rituel ou encore la répétition d’un geste ou d’une forme. Ces rites sont autant de chemins pour affranchir l’artiste et sa pensée de la tradition historique du savoir-faire et du sujet. Leur œuvre, à la fois immuable et toujours renouvelée, dialogue avec l’infini, transcendant les contingences de l’espace et du temps.
Commissaire : Philippe Piguet
Information :
Fondation pour l'art contemporain
Claudine et Jean-Marc Salomon
Château d'Arenthon
74290 Alex (France)
phone : +33 (0)4 50 02 88 55
fax :+33 (0)4 50 02 87 15
@
www.fondation-salomon.com

Pierrette Bloch
Sans titre
2006
Encre sur papier, 76 x 51 cm
photo : Jean-Louis Losi
© Courtesy galerie Marwan Hoss, Paris
Fondation pour l’art contemporain Salomon - Alex (74) France

4 - A48 - Lyon (69) France
Gilles Verneret
Photographie
& projection vidéo, Le temps s'arrête à Calvi
Exposition / Exhibition : 08.03. > 26.04.08
Vernissage / Private view : 08.03.08 —18h > 21h / 6 > 9 pm

Sur l’image, d’abord, le bleu : la moitié de la photographie est offerte au ciel de ce bleu si tranchant des étés méridionaux. Bleu encore, l’élan qui s’esquisse, l’envol interrompu de l’avion vers lui. L’envol est doublement arrêté. Quelques signes ténus témoignent de ce que l’objet technologique n’est plus qu’une ruine – l’envol se retourne en chute, en crash silencieux. Mais le geste de l’opérateur photographique le fige à nouveau et l’enserre dans le filet d’un regard, ainsi que le cygne mallarméen saisi par la glace, battant des ailes vers l’Azur. Ce regard, ici, ne se fait pas oublier : il est révélé précisément parce qu’empêché : l’obstacle du grillage, dans son extrême proximité avec l’objectif, qui le rend flou et le déréalise, n’en prend que plus de densité. Obstacle minimum, obstacle irréductible qui témoigne de ce qu’il y a là un regard, de ce qu’il y a là une image, signe paradoxal de la présence au monde et de l’impossibilité du contact.
La carcasse de l’avion est pourtant aussi, simplement, quelque chose qui repose. Paisible. Il y a comme un devenir-nature de l’artefact humain, à présent objet du monde, aussi naturel, c’est-à-dire aussi intouchable que les montagnes, le ciel, l’herbe sèche de l’été.
De ce monde la beauté est mystérieuse d’insignifiance – invisible à ceux qui la cherchent, à ceux qui prétendent la circonscrire, la « saisir » avec une méthode, un projet, une idée, un concept. Elle se donne seulement si on renonce à l’atteindre.
Dans les photographies de Corse de Gilles Verneret se dressent partout ces barrières redoublées : barrière naturelle des montagnes bleutées ou ocres, barrières humaines (grillages, clôtures, filets, portails clos barrant les chemins poudreux conduisant vers le fond lumineux de l’image).
Elles scindent l’espace, dérisoires et obstinées. Ici, un muret de pierres sèches, rendu plus infranchissable encore à celui qui regarde par la provocation d’une ronce à la courbe folâtre, barre totalement l’image. Là, quelques branches calcinées appellent de derrière le rebord de la route, vers l’au-delà invisible d’un à-pic qu’on devine ravagé par un feu récent. Là encore, le virage de la route fuit dans l’ombre vers la gauche de l’image, avalé par les montagnes hiératiques qui dissimulent son trajet.
Rien pourtant de métaphorique dans ce motif réitéré, pas de discours ou de concept projeté sur l’étendue, ou sur la photo déjà faite. Il s’agit d’un travail très « primitif » selon les mots mêmes du photographe, un travail dans lequel l’image naît de l’effleurement d’un paysage aimé, de l’intensité de l’affect suscité par le corps-à-corps avec les choses, infiniment désiré, toujours refusé. Garder trace de cet élan, prendre l’empreinte de cet en-avant du désir et de ce qui l’entrave – tel est l’enjeu. Sauvegarder ce qui peut l’être de l’instant qui bascule, de la lumière qui s’échevèle sur les crêtes lorsque vient le soir d’une journée splendide, de la route qui bifurque, n’est-ce pas la raison d’être de toute prise photographique, la raison simple et profonde qui nous fait remplir d’images des albums ?
« Cela n’a d’intérêt », dit encore Gilles Verneret, « que parce que c’est de la photo ». Et cette photo, il l’entend comme trace de traces, témoignage humain de ce que l’homme fait au monde.
De là, bien entendu, le refus de passer par-dessus ce qui pollue le champ visuel, de nier ou de dissimuler ce qui fait barrière. La nature en elle-même nous est inconnaissable : notre regard seul la transforme, la déflore. Elle est en elle-même infiniment pure, pour nous nécessairement souillée, hérissée de barbelés, aplanie et nivelée par des rubans d’asphalte mordant dans ses reliefs, couverte de débris. Il faut aimer cette souillure (et le mot doit d’ailleurs se comprendre comme dépouillé de toute implication morale), ainsi que la photographie qui la répète et la formalise, car elle est le mode même sur lequel se bâtit notre rapport au monde.
Le paysage esthétisé, image traditionnelle d’une nature parfaite, infiniment découpable en cartes postales aux ouvertures séduisantes sur les flots scintillants, aux rocs altiers impeccablement cadrés, relève d’une aimable fiction artistico-touristique, au kitsch inlassablement réitéré, d’un mensonge dont l’éthique du photographe ne saurait s’accommoder.
Est-ce à dire que le travail de Gilles Verneret, a-conceptuel et instinctif, serait totalement hasardeux ?
Certes, non. Le refus du formalisme et de la composition esthétisante n’est pas antinomique de l’émergence d’un « punctum », « signifié maximum qui recentre tous les éléments [visuels] autour de lui » (Gilles Verneret, texte écrit pour la conférence de Timisoara, mai 2007) et par rapport auquel opérateur et spectateur se positionnent. Ainsi, au-dessus de la route de Corse, juste à l’aplomb de la ligne pointillée au moment où elle se perd dans sa propre courbe, s’élève une lune minuscule et pâle, presque indistincte et, en conséquence, intensément signifiante. Elle fait signe, oui, mais comme toute image photographique, ne fait signe que vers elle-même en tant qu’empreinte impossible – intraduisible pensée écrite en couleurs, formes et lignes de forces.
Beauté du signe décontextualisé - à l’instar du « panneau désindicateur » qui donne son titre à une photographie. Sa verticale, sûre d’elle même, caractéristique d’une volonté d’emprise sur le monde par l’arpentage et la nomination, est contredite par le badigeonnage en blanc des inscriptions qu’il porte et par les impacts de balles qui le trouent. Ces marques dénient son adéquation conventionnelle, langagière à cette terre. Laissons de côté l’implication politique du « symbole » – ce n’est pas notre propos – et contentons-nous, conformément à la pratique que nous avons adoptée, de ce que l’image nous propose. Comme l’image elle-même d’ailleurs, le panneau est une flèche orientée, tournée vers une direction perdue. Le référent existe – village réel mais inaccessible dans la plénitude de son identité. La matière sensible du support existe également – le métal du panneau porte les traces de l’agression, impacts aux bords rouillés, comme la surface photographique garde l’empreinte lumineuse des choses. En revanche, le message lui-même est raturé.
Le « panneau désindicateur » ne montre donc pas un but géographique, mais appelle à la traversée de l’obstacle qu’il représente lui-même. Malgré l’effacement apparent du sens, il continue inlassablement de faire signe, parce qu’il est parcouru de trouées au travers desquelles le ciel corse se livre, dans son imperturbable bleu.
Muriel Moutet
janvier 2008

Informations:
A48
48 rue burdeau
69001 Lyon (France)
Ouvert du mercredi au samedi de 15h à 19h
Galerie Françoise Besson
T. +33 (0)4 78 29 62 05 // +33 (0)6 37 45 32
@
www.francoisebesson.com
CONTACT PRESSE : Virginie Magne T.+ 33 (0)4 72 07 84 31// @

Gilles Verneret
2005
© courtesy Galerie Françoise Besson
A48 - Lyon (69) France

5 - Galerie Depardieu – Nice (06) France
Fred Forest
Fred Forest Second Life
Exposition / Exhibition : 28.02 > 28.03.08

Artiste du virtuel mais également véritable artiste de la communication,il est mondialement reconnu mais pas totalement dans son pays, la France où il va pourtant y créer un événement mondial le 28 février, à Nice...
Nul n'est prophète en son pays, Fred Forest le vérifie régulièrement, lui l'iconoclaste, le pionnier du « Vidéo art » (1967) et du « Net art » (1995). Il est à l'origine de deux mouvements artistiques contemporains importants, l'art sociologique et l'esthétique de la communication. Électron libre des médias et des réseaux, il est en révolte contre l'arbitraire, le favoritisme et en guerre contre « l'establishment ». C'est ainsi que son exposition « Chemin de croix » à Nice en 2005 s'est retrouvée bannie par la mairie et la galerie Depardieu, qui l'hébergeait, exclue de la « Nuit des galeries », situation qui perdure depuis. Paradoxalement il est accueilli en héros à Sao Paulo en 2006 parce qu'il y avait été emprisonné pour ses idées par la junte militaire en 1973 lors de la XII e Biennale de Sao Paulo!
Pour sa nouvelle exposition « Fred Forest Second Life » à la galerie Depardieu, il a choisi de réaliser une performance et de créer un événement mondial -en partenariat avec une cinquantaine d'organisations dont le Laboratoire d'arts de Toronto et le Musée d'art contemporain de Sao Paulo- en inaugurant le Centre Expérimental du Territoire et laboratoire social, virtuellement installé à Nice. En pleine campagne municipale, il invite les politiques à venir débattre sur le développement durable, certains ont répondu favorablement. Fred Forest est un visionnaire dont les intuitions se sont révélées exactes. Il peut être un provocateur incontrôlable si on le prive de la liberté de s'exprimer...

Information :
Galerie Depardieu
64 boulevard Risso (1er étage face au Mamac)
06300 Nice (France)
Parking : Théâtre National de Nice
Tramway : arrêt Garibaldi
Tél. +33 (0)497 12 12 97
fax : +33 (0)497 12 12 90
www.galerie-depardieu.com
@


Fred Forest
Fred Forest Second Life
©photo D.R.
Galerie Depardieu – Nice (06) France

6 - Fondation d’entreprise Ricard - Paris (75) France
Elsa Sahal
Sculptures
Exposition / Exhibition : 11.03 > 05.04.08
Vernissage / Private view : 10.03.08 — 18h30 / 6.30 pm

La Fondation d’entreprise Ricard présente un ensemble de sculptures d’Elsa Sahal dont une grande part n’a jamais été montrée. L’artiste utilise exclusivement la céramique – parfois considérée comme un medium dépassé ou étranger à l’art contemporain - pour modeler des formes inédites avec une vigueur surprenante. Elle participe à la «réhabilitation» de ce matériau et sa nouvelle et forte présence dans le champs de l’art.
Ce qui surprend dans le travail de l’artiste, c’est sa capacité à donner corps à des formes autonomes qui semblent vivre dans un monde étranger au nôtre. L’univers d’Elsa Sahal procède en somme d’une sorte de folie préméditée : Le Gilles, par exemple, dans son autorité charnelle, est un souverain sans tête. Il trône au centre d’étranges sculptures courtisanes qui chorégraphient l’espace. On ressent dans toutes ces oeuvres l’expression d’une pulsion vitale, d’une charge érotique que l’artiste ne cherche pas forcément à mettre en avant mais qui s’avère omniprésente.
Généralement couvertes avec une fausse nonchalance d’émaux polychromes, les dernières sculptures de l’artiste, réalisées en résidence à la Manufacture Nationale de Sèvres, s’enrichissent de couleurs les plus improbables par leurs effets quasi-« sismiques ». Elsa Sahal ne cède jamais à la facilité de l’énonciation : c’est une artiste têtue dont les oeuvres empoignent ce qu’il reste au monde : la sensualité.
information :
Fondation d'entreprise Ricard
12 rue Boissy d’Anglas
75008 Paris (France)
Entrée libre du mardi au samedi de 11h à 19h
Métros et parkings : Concorde et Madeleine
T. 33 (0)1 53 30 88 00
@
www.fondation-entreprise-ricard.com


Elsa Saha
Arbre dont les racines sont restées à l’étage inférieur, (détail),
2008
céramique
© Courtesy Galerie Claudine Papillon
Fondation d’entreprise Ricard - Paris (75) France

7 - Traverse Vidéo – Toulouse (31) France
Traverse Vidéo
11ème édition
11.03 > 30.03..08
être/devenir

Du 11 au 30 mars, Traverse Vidéo déploie son programme de manifestation d’art vidéo, cinéma expérimental, performances, installations, expositions… dans un parcours à travers Toulouse, des Abattoirs au Théâtre Garonne, de l’Ostal d’Occitania à la Chapelle des Carmélites, de l’Espace Croix Baragnon à la Cinémathèque, du Goethe Institut au Centre Culturel Bellegarde, du Lycée des Arènes où se forment des BTS audiovisuel et d’arts appliqués à l’Université du Mirail, de l’ESAV au TNT.
Traverse Vidéo cherche à confronter le architectures patrimoniales aux expériences pointues du contemporain, avec pour thématique cette année, être/devenir.
Traverse Vidéo accueille plus d’une cinquantaine d’artistes, et mêle des travaux d’artistes émergents à des artistes reconnus de la scène nationale et internationale, Sara Millot, Angela Murr ou Vérena Chomet-Durin de Toulouse à Pierre Vinour, Patrick Hébrard, Cécile Ravel, Robert Cahen, précurseur de l’art vidéo en France…
Elle invite la muse de Fassbinder, Hanna Shygulla, pour un film expérimental Protocole de rêves…
Elle sélectionne 160 films ou vidéos parmi les 500 reçus… d’ici et d’ailleurs, d’écoles d’art comme d’artistes… parmi eux une cinquantaine de toulousains.
Elle reçoit pour une après-midi master class à l’ESAV, Erik Bullot et Boris Lheman, deux cinéastes adeptes de l’auto-film, qui filment autant qu’ils respirent, qui respirent autant qu’ils filment.
Informations :<./b>
Traverse Vidéo
Lycée des Arènes
4, place Emile MALE
31024 Toulouse cedex 03
France
Tél: 05 62 13 10 00 — Fax: 05 62 13 10 01
@
www.traverse-video.org


Traverse Vidéo – Toulouse (31) France

8 - Centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme (57) France
La marge d’erreur
Exposition / Exhibition : 22.03.08 > 01.06.08
Vernissage / Private View : 21.03.08 — 18h / 6 pm
Commissaire invité : Le Bureau/
Performance de Perroquet Tout s’écroule à 19h00
Michel Blazy, Conny Blom, Daniel Buren, Michael Elmgreen & Ingar Dragset,
Mark Geffriaud, Felix Gmelin, Jacques Julien, Jonathan Monk, Perroquet Tout S’écroule,
Didier Rittener, Simon Starling, Damiel Thomen, Raphaël Zarka

La Synagogue de Delme invite le Bureau/ à concevoir une exposition dans le cadre du projet P2P, initié au Casino Luxembourg du 26 janvier au 6 avril 2008. P2P rassemble les oeuvres d’une cinquantaine d’artistes internationaux et confronte l’exposition au fonctionnement du peer to peer. Le Bureau/ s’interroge sur l’application aux oeuvres d’un mode de circulation propre à Internet, qui valorise l’échange, la multiplication et la reproduction de l’original. Galeries, musées ou centres d’art sont invités à emprunter des oeuvres pendant la durée du projet, et à en adapter les modes de présentation et de réception.
La marge d’erreur présente à Delme plusieurs oeuvres issues de P2P, en regard d’autres oeuvres, dont certaines sont produites pour l’occasion. Si l’exposition au Luxembourg évoque les notions de série, de multiple, de copie, ou de citation, La marge d’erreur engage quant à elle une réflexion sur les écarts volontaires que suscite le phénomène de reproduction. Dans la répétition de formes ou de gestes, c’est la difficulté de la copie conforme qui s'éprouve, comme ce papier froissé que Mark Geffriaud demande à un origamiste de reproduire plusieurs fois à l’identique. À l’inverse, le plaisir de formes assurées d'être uniques se manifeste dans les sérigraphies déchirées par Daniel Buren, ou les cintres déformés par Jonathan Monk. La réplique par les artistes de certaines de leurs oeuvres est l’occasion de les percevoir de manière nouvelle : Jacques Julien reproduit ses sculptures à une échelle intermédiaire, entre la maquette et le monument, tandis que Didier Rittener adapte à l’espace son oeuvre Danger Zone, alignement au sol d’une série de polyèdres noirs.
Des variations peuvent aussi intervenir dans la reprise (ir)révérencieuse de certaines oeuvres historiques. Raphaël Zarka propose un montage de films de skate dont il ne conserve que les figures effectuées sur des sculptures d’art moderne, devenant un terrain de jeu et d’expérimentation hors norme. Elmgreen & Dragset imaginent une pièce de théâtre dont les personnages sont des sculptures emblématiques de l’art du XXe siècle. Quant à Felix Gmelin, il s’attache à reproduire à l’identique une performance berlinoise des années 1960, dont les connotations politiques changent, à l’épreuve d’un temps et d’un lieu différents. Enfin, quand Conny Blom monte plusieurs silences, volés entre deux plages musicales, c’est la diversité des silences possibles qui devient palpable pendant 4 minutes 33, en référence à une célèbre partition de John Cage.
Certains standards formels permettent aussi aux artistes de proposer des mises en oeuvre décalées : le groupe Perroquet tout s’écroule conçoit la mémoire de ses improvisations musicales sous forme d'édition papier ; Daniel Thomen présente un parasitage sonore sous la forme d’une sculpture minimale, dont il faudra intercepter le son ailleurs et Simon Starling reproduit une exposition photographiée dans les années 1930, dans le seul but de la photographier à son tour. Enfin, la part d’erreur et d’aléatoire trouve chez Michel Blazy un écho tout particulier : l’installation se délite progressivement, soumise aux contingences de la matière qui la constitue.
En réponse à l’architecture de la Synagogue, les oeuvres, disposées selon un axe de symétrie variable, tissent entre elles accointances et dissonances. Ainsi, de déplacements savamment dosés en hasards provoqués, La marge d’erreur

LE BUREAU
www.lebureau.tk
Le Bureau/ est un collectif de commissaires d’exposition créé à Paris en 2005, dont l’objectif est de questionner et d’expérimenter le médium même de l’exposition. La notion de commissariat collectif est un principe fondateur du groupe, la rencontre des compétences et des sensibilités des différents membres permettant la production d’expositions fondées sur des lectures multiples et relatives.
EN PARALLÈLE
Exposition P2P
Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain
Jusqu’au 6 avril 2008
www.casino-luxembourg.lu
AUTOUR DE L’EXPOSITION
Dimanche 6 avril 2008 A 16h_ visite commentée de l’exposition avec les commissaires
Dimanche 18 mai 2008 à 16h_ visite commentée de l’exposition avec la chargée des publics
Samedi 4 avril 2008 à 14h30 - projection et performance
Alchimicinéma de Jean-Marc Chapoulie / intervention de Loreto Martinez Troncoso
dans le cadre de Toutes les voix comptent, projet en collaboration avec le FRAC Lorraine et l’école supérieure d’art de Metz du 2 au 4 avril 2008.
INFORMATIONS PRATIQUES
Vernissage vendredi 21 mars à partir de 18h00.
Performance de perroquet tout s’écroule à 19h00.
Exposition ouverte du 22 mars au 1er juin 2008.
mercredi à samedi: 14h-18h et dimanche: 11h-18h, entrée libre.
fermé le 1er mai 2008.
ouvert le dimanche de pâques (23 mars) et le jeudi 8 mai 2008.
POUR SE RENDRE A LA SYNAGOGUE DE DELME
Accès depuis paris (1h30): tgv est arrivée metz ou nancy
Accès depuis metz (1/2h): d955, ancienne route de strasbourg
Accès depuis nancy (1/2h): n74 direction château-salins puis d955 vers metz
Contact presse: Katia Gagnard, communication@cac-synagoguedelme.org / tél: 03 87 01 43 42
Information :
Centre d’Art Contemporain
La Synagogue de Delme
33 rue Poincaré
57590 Delme (France)
Tél. : +33 (0)3 87 01 43 42
FAX : +33 (0)3 87 01 43 14
Contact presse : Anastasia Denoux @
@
/www.cac-synagoguedelme.org


La marge d’erreur
Centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme (57) France

9 - Frac Haute-Normandie - Sotteville-les-Rouen (76) France
Fragilités
Angélique, Silvia Bächli, Céleste Boursier-Mougenot, Philippe Boutibonnes, Marika Bührmann, Wilem Cole, Hannah Collins, Pascal Convert, Trisha Donnelly, Lili Dujourie, Richard Fauguet, Daniel Firman, Michel François, Francesca Gabbiani, Félix Gonzales-Torres, Marie-Ange Guilleminot, Maria Hahnenkamp, Marie-Rose Lortet, Éric Nehr, Bruno Peinado, Joe Scanlan, Corinne Sentou, Olivier Sévère, Patrick Tosani, Amy Vogel
Black Box : Gaëlle Chotard
Exposition / Exhibition : 15.03 > 04 .05.08

À la suite de “Larmes Blanches” qui rendait hommage à James Lee Byars, Felix Gonzalez-Torres et Hervé Guibert, l’exposition “Fragilités” réunira principalement des oeuvres des collections des Frac du Grand-Ouest (Haute-Normandie, Basse-Normandie, Île-de-France, Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine) autour de l’allégorie de la beauté et du temps, de l’appa-rition et de la disparition, de l’évanescence et de l’immatérialité, du blanc et de la transparence.
Notre rapport à l’objet, à la forme, au matériau, à la couleur sera ainsi interrogé à travers des installations, des sculptures, des photographies et des dessins dont le point commun pourrait se définir comme l’émergence d’un moment poétique et fugace. Quand l’ordinaire se conjugue à l’extraordinaire, l’œuvre devient enchantement à l’instar des dispositifs musicaux de Céleste Boursier-Mougenot, des objets-sculptures de Richard Fauguet (une table dressée toute en verre), d’Olivier Sévère (une corde à sauter en cristal) ou de Javier Pérez (un vêtement aérien). Quand l’émotion se conjugue à la mélancolie, l’œuvre devient territoire de sensibilité à l’instar des dessins de Silvia Bächli, des images cousues de Maria Hahnenkamp ou des dessins cousus de Rob Winne, des portraits photographiques de Joe Scanlan ou d’Éric Nehr, des objets reliquaires de Marie-Ange Guilleminot ou de Jean-Michel Othoniel, sans oublier les affiches de Felix Gonzalez-Torres...
L’espace du bâtiment Trafic sera ainsi traversé par des impressions et des sensations successives à la manière d’un voyage aux pays des merveilles de l’art d’aujourd’hui.
information :
Sergine Gallenne
Chargée de Communication
FRAC Haute-Normandie
3, place des Martyrs-de-la-Résistance
76300 Sotteville-les-Rouen (France)
T : +33 (0)2 35 72 27 51
F : +33 (0)2 35 72 23 10
@
www.frachautenormandie.org

Angélique
Virus, 2007
Sculpture en organdi
© Collection de l'artiste
Frac Haute-Normandie - Sotteville-les-Rouen (76) France

10 - Frac Basse-Normandie - Caen (14) France
Saâdane Afif
Two …
Exposition / Exhibition : 14.03 > 25.05.08
Vernissage / Private view : 14.03.08 — 18h30 / 6.30

Saâdane Afif est né en 1970 à Vendôme. Il vit à Berlin.
Attentif aux attitudes, sons, images, textes ou slogans, Saâdane Afif se saisit du mouvement, du contraste et d’une certaine poésie pour les transformer. Ses œuvres sont le fruit de compilations diverses, de rencontres inattendues et trouvent leur origine tout aussi bien dans l'histoire de l'art que dans le monde des médias et de la musique. Mélangeant les objets et les disciplines, il produit une œuvre polysémique, constamment réinventée et réinterprétée, parfois même confiée à d’autres artistes. Ainsi dans l’exposition Lyrics (Palais de Tokyo, Paris, 2005), « Saâdane Afif sollicite des écrivains et critiques d’art en leur demandant de « traduire » certaines de ses œuvres en chanson, puis invite des musiciens à mettre ces textes en musique.» (Eva Poutreau).
L’exposition Two … s’ouvre dès la façade du Frac par une enseigne lumineuse rouge où se lit le mot Essence et requiert d’emblée le visiteur au jeu troublant de la polysémie en suggérant à la fois la réflexion et l’activation des sens.
Les variations d’intensité de More, More (2002), néon bleuté qui reprend le dessin naïf d’une fleur dans un pot, créent une respiration qui rythme l’espace et le temps. Le texte qui l’accompagne (imprimé en affiche à emporter) - souvenir d’enfance relaté par le père de l’artiste dans lequel un geste artistique et poétique surgit dans un contexte aride - se révèle une possible définition de l’art.
Les sculptures de la série Babel (2007) - maquettes blanches inspirées des formes improbables de « sounds systems » de concert - font écho aux architectures utopiques des avant-gardes du début du XXe siècle (tel Vladimir Tatline) tout en les frottant avec humour à l’univers des musiques actuelles. « Abandonnant toute sollicitation effective du sens et de l’ouïe, la série Babel nous livre une image de l’architecture en tant que pure virtualité sonore – « art musical rendu au silence », pour reprendre la célèbre formule de Goethe qui résume une idée immémoriale.» ( Jean-Pierre Criqui, Les Cahiers du MNAM, automne 2007).
La reprise photographique des Babel qui les surplombe donne l’illusion d’un reflet de la réalité tout en les élevant au rang d’icônes.

> Saâdane Afif
One,
exposition 08.03 > 15.06.08
Frac des Pays de la Loire
La Fleuriaye 44740 Carquefou www.fracdespaysdelaloire.com

Information :
Frac Basse-Normandie
9 rue Vaubenard
14000 Caen (France)
phone : 00 33 (0)2 31 93 09 00
@
Direction : Sylvie Froux > @
Presse : Anne Cartel > @
www.frac-bn.org

Saâdane Afif
© Frac Basse-Normandie - Caen (14) France

11 - Maison de la Photographie – Lille (59) France
Martin d'Orgeval
Requisitoire
Le plancher de Jean

Exposition / Exhibition : 06.03 > 20.04.08
Vernissage / Private view : 06.03.08 — 19h / 7 pm.
Conférence / Lecture : Martin d'Orgeval — 17h30 / 5.30 pm.

Œuvre unique, manifestation d’Art Brut ou art des fous, le plancher de Jean, exposé de manière permanente à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, est un cri qui ne peut laisser aucun de nous indifférent. Sculpté par un homme atteint de schizophrénie, ces quatre grandes pièces de bois, telles un testament, témoignent d’une profonde souffrance.
Dans un souci de vérité documentaire, Martin d’Orgeval a photographié le plancher de Jean comme il a été percé, gravé, incisé : dans sa position horizontale d’origine. Selon une perspective soit frontale soit axiale, il a saisi le plancher non pas comme un tableau, mais comme un élément de la vie quotidienne, le sol sur lequel on marche, on vit, et cela à la lumière naturelle.
Le texte inscrit dans le bois prend d’emblée la forme d’un réquisitoire féroce contre la religion, responsable selon Jean de tous ses maux. Son champ sémantique, décrypté par les photographies, mêle sérénité, agressivité, haine et peur d’une conscience menacée. Des mots accumulés qui disent la violence contenue et les obsessions d’un homme muré en lui-même – culpabilité, guerre, mort, paranoïa. La démarche de Martin d’Orgeval met aussi au jour la brutalité des coups de couteau sur le bois, tous les accidents et dérapages de la lame qui laissent deviner les blessures corporelles. La matière trouée et entaillée ainsi que les parties rongées par l’humidité ajoutent au caractère torturé du personnage et finissent de donner au plancher une dimension expressionniste.
Le regard de l’artiste nous conduit à la rencontre de l’émotion et de l’esthétique : il est un complément au regard médical.
> Jean-Pierre Olié (Professeur à la faculté de médecine ; Chef de service à l’hôpital Sainte-Anne ; Extrait du livre Réquisitoire, Editions du Regard, 2007)
> Exposition d’une sélection des photographies et d’une installation sonore de Martin d’Orgeval accompagnée d’une retranscription de l’intégralité des écritures du Plancher de Jean.
> Exposition visible les samedis et dimanches de 11h à 18h ; en semaine sur rendez-vous.
> Martin d’Orgeval est né en 1973 à Paris, où il vit et travaille. En même temps qu’une formation poussée en histoire de l’art, il édite le travail du photographe François-Marie Banier, en organisant plusieurs de ses expositions et en publiant un certain nombre de ses livres, dont Perdre la tête (Villa Medicis, 2005, Steidl, Prix du meilleur livre de photographie allemand 2006) et Le Chanteur muet des rues avec l’écrivain italien Erri De Luca (Gallimard, 2006). Réquisitoire est sa seconde exposition. www.martindorgeval.com
Informations :
Maison de la Photographie
18, rue Frémy
59000 Lille (France)
Tél. +33 (0)3 20 05 29 29
@
www.maisonphoto.com

Martin d'Orgeval
Requisitoire
Le plancher de Jean

©photo Martin d'Orgeval
Maison de la Photographie – Lille (59) France

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